Une exposition novatrice et multisensorielle explorant la nature humaine dans le paysage de la guerre, par le biais de la floriographie, de la sculpture et des parfums

Edmonton, Alberta — Pendant la Première Guerre mondiale (1914-18), le soldat canadien Lieutenant-Colonel George Stephen Cantlie cueillait des fleurs dans les champs et les jardins d’une Europe dévastée par la guerre et les faisait sécher à l’intérieur d’un livre pour les conserver. Chaque jour, il envoyait à la maison, à Montréal, une fleur accompagnée d’une lettre à un de ses enfants, notamment à sa plus jeune fille Celia âgée de seulement un an. Il espérait qu’en grandissant elle puisse garder un souvenir de lui au cas où il ne survivrait pas à cette terrible guerre.

Revenons au présent. Un siècle s’est écoulé et avec lui la mémoire vivante de la Première Guerre mondiale. Les lettres et les fleurs de George Stephen Cantlie ont toutefois été préservées puis transmises à sa petite-fille, la défunte Elspeth Angus qui les a conservées affectueusement dans une petite boîte rouge. C’est ainsi qu’il y a six ans, une cinéaste canadienne, Viveka Melki, rencontra pour la première fois Elspeth Angus et, à son grand étonnement, elle lui parla de son passé. Une idée se mit alors à germer dans l’esprit de Melki.
Maintenant, plus de cent ans après la récolte de ces fleurs, il est possible de faire l’expérience du rituel touchant du lieutenant-colonel en temps de guerre, grâce à Fleurs d’ARMES – Une exposition d’art itinérante, présentée du 31 janvier au 3 mai, à la Galerie Borealis d’Edmonton, située au Centre d’accueil des visiteurs de l’Assemblée législative de l’Alberta. L’entrée est gratuite au public.

L’exposition Fleurs d’ARMES a été élaborée par la conservatrice de l’exposition, Viveka Melki, et produite par Les Jardins de Métis/Reford Gardens (Alexander Reford, directeur) à Grand-Métis, Québec. Il s’agit d’un montage artistique présentant les lettres originales centenaires du lieutenant-colonel Cantlie ainsi que les fleurs conservées. À partir de ce matériel, Melki a créé une vision multisensorielle émouvante des effets de la guerre sur tous ceux qui la vivent personnellement. L’exposition fait appel à la sensibilité du visiteur et lui offre une expérience immersive unique centrée sur la profonde conviction de Melki en la résilience de l’esprit humain.

Viveka Melki a réinterprété dix des fleurs du lieutenant-colonel. Elle a utilisé la floriographie, une méthode de l’époque victorienne communiquant le sens et l’émotion par les fleurs, afin de raconter une histoire plus vaste sur la nature humaine dans le paysage de la guerre.

Tel que conçu par la cinéaste, l’exposition s’étend sur dix stations représentant dix de ses convictions fondamentales sur la nature de la guerre. Chaque station met en valeur une des fleurs cueillies par le lieutenant-colonel Cantlie et s’appuie sur ses lettres de guerre, présentées publiquement pour la première fois. Des artefacts datant de la Première Guerre mondiale y sont associés.

De plus, chaque station esquisse le portrait d’un homme ou d’une femme de l’époque de la Grande Guerre qui, à travers son histoire personnelle, illustre l’une des dix convictions fondamentales de la conservatrice Melki à propos de la guerre. Fleurs d’ARMES met ainsi en vedette John McCrae, Georges Vanier, Elsie Reford, Jean Brillant, Talbot Papineau, A.Y. Jackson, Percival Molson, Julia Drummond, Edward Savage et George Stephen Cantlie. Les liens entre ces différents personnages apportent divers points de vue sur la contribution canadienne à l’effort de guerre.

À chaque station, des sculptures de cristal optique, créées par l’artiste primé Mark Raynes Roberts de Toronto, mettent en scène différents aspects de la nature humaine et des parfums originaux, créés par Alexandra Bachand, spécialiste de l’olfaction et parfumeuse de Magog, Québec, évoquent des souvenirs personnels.

Parmi les membres de l’équipe créative de Fleurs d’ARMES se trouve également Céline Arseneault, botaniste et bibliothécaire pendant plus de trois décennies au Jardin botanique de Montréal. Elle a supervisé la conservation et le montage des fleurs fragiles et des lettres centenaires. De même, Normand Dumont, le concepteur de l’exposition, a transformé la vision créative de la cinéaste Melki en une réalité physique et sensorielle unique pour les visiteurs. Marie-Claire Saindon, compositrice de la musique de l’exposition, et Claude Langlois, créateur du montage sonore, complètent l’équipe.

Le site internet dédié www.fleursdarmes.ca complète l’exposition et présente le profil des créateurs, tout en donnant accès aux coulisses du processus de conception.

« Je suis emballé par le fait que l’exposition Fleurs d’ARMES poursuive sa tournée nationale à la Galerie Borealis d’Edmonton » a affirmé Alexander Reford, directeur des Jardins de Métis/Reford Gardens à Grand-Métis, Québec, et producteur de l’exposition. « Après son premier arrêt aux Jardins de Métis, cette exposition a émerveillé le public à Ottawa, à Toronto, à Vimy en France et à Montréal. La puissance et la force de l’exposition sont visibles à chaque station et dans chacun des récits qui font vivre un moment important de l’histoire de notre nation ».

Cet événement est présenté à la Galerie Borealis du 31 janvier au 3 mai 2020. Il s’agit du sixième arrêt de l’exposition qui a commencé en juin 2017 aux Jardins de Métis/Reford Gardens à Grand-Métis et s’est ensuite rendue au Musée canadien de la guerre à Ottawa, au Musée Campbell House à Toronto, au Centre d’accueil et d’éducation du Mémorial national du Canada à Vimy, en France, et, dernièrement, au Château Ramezay : Musée et site historique de Montréal. À ce jour, cette exposition a connu un énorme succès auprès des visiteurs qui ont été enthousiasmés et touchés.

Après sa présentation à Edmonton, l’exposition Fleurs d’ARMES prendra la route vers le Musée de Mississauga, à Mississauga, Ontario, à l’automne.

Fleurs d’ARMES – Une exposition d’art itinérante est produite par Les Jardins de Métis/Reford Gardens. Elle est rendue possible grâce à l’appui généreux du Patrimoine canadien et à un soutien du secteur privé : Air Canada, TD Canada Trust, le régiment 78e Fraser Highlanders, la fondation Drummond, la fondation Hay, la fondation Jack Herbert, la fondation Jackman, la fondation Molson, le Conseil des femmes de Montréal, la Société St-Andrew de Montréal, la fondation WCPD, la fondation de la famille Zeller et un grand nombre de donateurs individuels.

La Galerie Borealis est située au Centre d’accueil des visiteurs de l’Assemblée législative de l’Alberta à Edmonton. Depuis l’ouverture de ses portes en 2015, quinze expositions de niveau mondial sur l’art et le patrimoine y ont été présentées. L’entrée est gratuite. La Galerie est ouverte du lundi au vendredi, de 10 h à 17 h et le samedi de 12 h à 17 h.